Pas de miracle de la part de la Fed

Posted by Philippe Béchade  
Pas de miracle de la part de la Fed

- La remontée miracle des indices jeudi n'avait pas plus de causes fondamentales que de soutien de la part des acteurs de chair et d'os : les gérants de fonds de retraite, les family offices, les opérateurs particuliers tentés par des rachats à bon compte.

La hausse a été orchestrée par quelques grosses mains utilisant des algorithmes quasiment identiques (une forme de panurgisme cybernétique). Son ampleur a été inversement proportionnelle à la quantité de papier échangé (25% de moins que la moyenne 2013).

Une fois de plus, dès que les cours ont commencé à progresser à l'encontre de toute logique, les contrariens, vite convaincus de l'entrée en action des robots, ont baissé pavillon au bout de quelques minutes.

Résultat : une hausse dans le vide qui ne donne lieu à aucun suivi dès que l'on déconnecte les treuils algorithmiques.

L'illustration la plus éclairante de ce phénomène de "stop & go" arbitraire nous a été fournie vendredi par l'affaiblissement initial de la tendance à Wall Street. Un bref épisode haussier s'est matérialisé peu après l'ouverture - mais il a été contré dès 16h15 et la consolidation des marchés s'est poursuivie jusqu'à la clôture.

Les indices américains ont reperdu 0,65% en moyenne vendredi soir, le S&P 500 et Nasdaq lâchant -0,6%. Le Dow Jones en a terminé quant à lui à -0,7%, soit -106 points à 15 070 points.

- Le QE3 condamné à être éternel ?
De nombreux commentateurs évoquaient une semaine de stagnation à Wall Street vendredi matin, histoire de prouver que seul le marché américain peut prétendre à une forme d'invulnérabilité. Grâces en soit rendues à Ben Bernanke, les "idiots utiles" n'ont pas pris le relais comme attendu... Cela malgré une intense campagne médiatique visant à les convaincre que la Fed réaffirmera ce mercredi que, dans les circonstances actuelles, le QE3 est fait pour durer éternellement.

De récentes analyses ont par exemple déterminé qu'au rythme actuel des créations d'emploi aux Etats-Unis, l'objectif des 6,5% de taux de chômage ne sera pas atteint avant 2016 et le plein emploi (un score inférieur à 5,5%) n'est pas envisageable avant 2020.

Wall Street semblait en mesure de creuser un écart décisif jeudi soir par rapport à l'Europe après le différentiel historique de 7,5% à 8% affiché par rapport à [...]

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